Alors que la population mondiale a plus que triplé depuis le début du siècle, l’utilisation des ressources en eau douce a été multipliée par six. Dans les cinquante années à venir, la population mondiale aura encore augmenté de 40 à 50%. Avec la croissance de la population, conjuguée à l’industrialisation et à l’urbanisation, les besoins en eau seront considérables et les répercussions sur l’environnement multiples.
Manque d’eau salubre et d’assainissement
Raréfaction des ressources en eau
Crise agricole
Bien qu’au cours des 30 dernières années des efforts significatifs aient été consentis pour garantir la sécurité alimentaire, les prélèvements d’eau destinés à l’irrigation représentent 66% du total des prélèvements au niveau mondial, avec plus de 90% dans les régions arides, tandis que 34% de ces prélèvements sont destinés à la consommation domestique (10%), aux activités industrielles (20%) ou proviennent de l’évaporation des réservoirs (4%). (Source: Shiklomanov, 1999)
A mesure que les besoins en eau de chaque individu augmentent en raison de l’évolution des modes de vie et de l’accroissement de la population, la proportion de l’eau consommée pour les besoins humains devient plus importante. Conjuguée à l’irrégularité dans le temps et l’espace, qu’elle soit destinée à la production alimentaire, aux installations industrielles ou à un tout autre usage, l’eau se fait de plus en plus rare.
Crise de l’environnement
La situation est d’autant plus dramatique que la hausse de la consommation d’eau pour les besoins humains n’entraîne pas seulement une baisse de la quantité d’eau disponible pour le développement industriel et agricole, mais constitue également une grave menace pour les écosystèmes aquatiques et leurs espèces. De ce fait, les écosystèmes ne parviennent plus à maintenir l’équilibre de notre environnement. (cf L'eau et la nature)
Comment améliorer la situation ?
"Il existe aujourd’hui une crise de l’eau, mais cette crise n’est pas due à son insuffisance à satisfaire nos besoins ; elle résulte plutôt d’une si mauvaise gestion de cette ressource que des milliards de personnes - et l’environnement - en souffrent gravement." Rapport sur la Vision mondiale pour l’eau
En l’état actuel des choses, il est encore possible de prendre des mesures constructives pour éviter que la crise ne s’amplifie. Tout le monde s’accorde pour reconnaître que nos ressources en eau douce sont limitées et qu’il convient de les protéger, en termes de quantité et de qualité. Ce défi lié à l’eau concerne non seulement la communauté de l’eau, mais également les décideurs ainsi que chaque être humain. "L’eau est l’affaire de chacun", tel était le slogan du 2ème forum mondial de l’eau.
Economiser les ressources en eau
Quel que soit l'usage que l'on fasse de l'eau douce - pour l'agriculture, l'industrie ou la consommation domestique - il existe des possibilités considérables d'économies et d'amélioration de la gestion. Presque partout, on gaspille de l'eau. Tant qu'ils ne se trouvent pas en présence de pénuries, la plupart des pays et des gens pensent qu'avoir accès à l'eau est chose toute naturelle. Avec l’urbanisation et l’évolution des styles de vie, la consommation d’eau continuera de grimper. Néanmoins, l’évolution des régimes alimentaires, par exemple, peut contribuer à atténuer le problème : en effet, la quantité d’eau nécessaire à la production d’1kg de pommes de terre est de 100 litres, alors que pour 1kg de bœuf, il faudra 13 000 litres d’eau.
Améliorer l’approvisionnement en eau potable
L’eau devrait être placée au cœur des priorités. Le Conseil mondial de l’eau a pour objectif, entre autres, d’accroître la sensibilisation aux problèmes liés à l’eau. Les décideurs, à tous les niveaux, doivent être impliqués. L’un des Objectifs de développement du millénaire consiste à réduire de moitié, d'ici à 2015, la proportion de personnes n'ayant pas durablement accès à l'eau salubre et à des installations sanitaires de base. A cet effet, un certain nombre de mesures devraient être envisagées:
- garantir le droit à l’eau;
- décentraliser la responsabilité de l’eau;
- développer les savoir-faire au niveau local;
- augmenter et améliorer les financements;
- assurer le suivi et l’évaluation des ressources en eau.
Renforcer la coopération transfrontalière
En ce qui concerne les conflits transfrontaliers, le développement économique et la valorisation du patrimoine culturel des régions peuvent être renforcés par les Etats dans le cadre d’accords de coopération sur l’eau. La gestion des ressources en eau peut être considérée comme un facteur de coopération et de paix, plutôt qu’un enjeu géostratégique entraînant un conflit armé. Bon nombre d’initiatives ont été lancées pour éviter les crises. Des engagements institutionnels, comme pour le fleuve Sénégal, ont été conclus. En 2001, l’UNESCO et la Croix verte internationale ont mis en œuvre conjointement le programme “Du conflit potentiel au potentiel de coopération“ en vue de promouvoir la paix, à travers l’intégration de solutions de coopération entres les Etats et les différentes parties prenantes.
Pour en savoir davantage sur ce programme: www.gci.ch/en/programs/natural_02.htm
www.unesco.org/water/wwap/pccp